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Lettre de l’association Lhadey Tsogpa - Association Bouddhiste Sikkhimaise - Ă  Shamar Rinpoche et Ă  Tobga Yulgyal

Il de notoriĂ©tĂ© publique que Sa SaintetĂ© le XVIe Karmapa Rangjung Rigpe Dorje est dĂ©cĂ©dĂ© le 5 novembre 1981, aux États-Unis. Selon la tradition du bouddhisme tibĂ©tain, les rĂ©incarnations consĂ©cutives de S.S. Gyalwa Karmapa apparaissent en notre monde afin de prĂ©server et de diffuser le Dharma, et pour le bien et le bonheur de tous les ĂŞtres vivants. Lorsque l’un des Gyalwa Karmapa disparaĂ®t, et jusqu’Ă  ce que soit reconnue et confirmĂ©e l’incarnation subsĂ©quente, un ou plusieurs des Rinpoches doyens de la lignĂ©e se chargent des questions religieuses et administratives liĂ©es Ă  S.S. Gyalwa Karmapa. En accord avec cette tradition, quatre rĂ©gents furent dĂ©signĂ©s en dĂ©cembre 1981, au Centre Dharma Chakra de Rumtek : Shamar Rinpoche, Tai Situ Rinpoche, Jamgon Kongtrul Rinpoche et Tsurphu Gyaltsap Rinpoche. Ces quatre rĂ©gents assumèrent des responsabilitĂ©s globales ; ils se chargèrent par exemple de l’administration du Centre Dharma Chakra, Ă  Rumtek, ainsi que de l’enquĂŞte pour retrouver la prochaine incarnation de S.S. le XVIe Gyalwa Karmapa.

Malheureusement, certains individus rĂ©pandent des rumeurs en rapport Ă  la rĂ©incarnation de S.S. le XVIe Karmapa, dans le but spĂ©cifique d’engendrer un schisme au sein de la communautĂ© bouddhiste. En raison de la polĂ©mique actuelle Ă  propos de la rĂ©incarnation de S.S. le XVIe Karmapa, qui sĂ©vit telles de funestes nuĂ©es sur le monastère de Rumtek, et parce que nous avons foi en la vĂ©ritĂ© et dans le Dharma, nous formulons publiquement cet appel pour affirmer la vĂ©ritĂ© et dissiper les doutes. En 1959, S.S. le XVIe Gyalwa Karmapa est venu en Inde. Après consultation avec le Denzong Lhaday Tshogpa, le Chogyal rĂ©gnant sur le Sikkim Ă  cette Ă©poque convia S.S. le XVIe Gyalwa Karmapa Ă  s’y rendre. Sa SaintetĂ© accepta l’invitation et par la suite, il consentit Ă  la requĂŞte du Chogyal de s’installer dĂ©finitivement au Sikkim. Tout le peuple du Sikkim se rĂ©jouit d’un si grand bonheur, et ce sentiment demeure prĂ©pondĂ©rant parmi les Sikkimais encore de nos jours. Le gouvernement sikkimais d’alors fit don de terres en vue de la construction d’un monastère et d’une rĂ©sidence pour S.S. le XVIe Gyalwa Karmapa Ă  Rumtek. LĂ , ce dernier Ă©tablit le siège de la lignĂ©e Karma Kagyu. Le gouvernement sikkimais construisit une route menant au monastère, et apporta toute l’aide dont Sa SaintetĂ© eut besoin. Le gouvernement subsĂ©quent en fit de mĂŞme, et ainsi jusqu’Ă  nos jours.

Après la disparition de S.S. le XVIe Gyalwa Karmapa en novembre 1981, tous les disciples espĂ©rèrent vivement l’avènement de sa rĂ©incarnation ; dans une certaine mesure, le dĂ©lai prolongĂ© [en attente de celle-ci] suscita beaucoup d’inquiĂ©tude. Nombre de Sikkimais firent appel au gouvernement d’État du Sikkim pour hâter la dĂ©couverte de la rĂ©incarnation de Sa SaintetĂ©. Les quatre rĂ©gents finirent par retrouver la Lettre de prĂ©diction laissĂ©e par S.S. le XVIe Karmapa. Quand il s’agit de localiser, d’identifier et de confirmer les incarnations successives de S.S. Gyalwa Karmapa, une tradition sĂ©culaire donne des directives spĂ©cifiques. L’enquĂŞte menant Ă  l’incarnation d’un lama tibĂ©tain comporte habituellement plusieurs mesures, mais une procĂ©dure exceptionnelle entoure la quĂŞte et l’identification de S.S. Gyalwa Karmapa. En effet, celle-ci se divise en deux Ă©tapes ; d’abord S.S. Gyalwa Karmapa laisse de son vivant une lettre qui prĂ©dit son incarnation future ; et après sa mort, il faut retrouver cette lettre et en dĂ©chiffrer le sens prĂ©cis.

La seconde Ă©tape dĂ©bute donc après que la lettre de prĂ©diction a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ©e. Ă€ ce stade, selon les indications qu’elle donne, l’on se rend au lieu de naissance prĂ©sumĂ© de la nouvelle incarnation du Gyalwa Karmapa pour l’y retrouver et l’identifier. Un compte-rendu est ensuite envoyĂ© Ă  Sa SaintetĂ© le DalaĂŻ Lama pour qu’il confirme cette nouvelle incarnation comme Ă©tant bien le Gyalwa Karmapa. Une fois que ce processus d’identification du nouveau Karmapa est accompli, une fois parachevĂ©s tous rituels religieux et sociaux affiliĂ©s, S.S. le DalaĂŻ Lama accorde son sceau d’approbation, le Buktham Rinpoche.

Par respect des coutumes et des traditions dĂ©crites plus haut, après que la Lettre de PrĂ©diction de la main du XVIe Karmapa eut Ă©tĂ© retrouvĂ©e, et une fois son contenu dĂ©chiffrĂ©, les quatre rĂ©gents se sont rĂ©unis au Centre Dharma Chakra Ă  Rumtek, le 19 mars 1992. Ce jour-lĂ , six Ă©minentes associations bouddhistes du Sikkim ont aussi rencontrĂ© les quatre rĂ©gents Ă  Rumtek. InterrogĂ©s par leurs dĂ©lĂ©guĂ©s pour savoir s’il existait bel et bien une rĂ©incarnation de S.S. le XVIe Karmapa, les quatre rĂ©gents ont rĂ©pondu par l’affirmative. Les dĂ©lĂ©guĂ©s purent Ă©galement prendre connaissance de la Lettre de prĂ©diction. Une fois obtenue la confirmation de l’existence de la rĂ©incarnation, les six reprĂ©sentants pressèrent les rĂ©gents d’en faire l’annonce immĂ©diatement et de faire venir Ă  Rumtek S.S. le XVIIe Karmapa. Les rĂ©gents rĂ©pondirent qu’ils avaient retracĂ© l’original de la Lettre de prĂ©diction et qu’il leur faudrait encore du temps pour situer et identifier la rĂ©incarnation, en procĂ©dant comme l’exige la coutume. Les dĂ©lĂ©guĂ©s exigèrent cependant que cette procĂ©dure soit parachevĂ©e au plus tard le 2 octobre 1992. La rencontre, le lendemain mĂŞme, entre des reprĂ©sentants du gouvernement du Sikkim et les quatre rĂ©gents est très rĂ©vĂ©latrice. Ă€ eux Ă©galement, on dĂ©voila la Lettre de prĂ©diction et l’on assura que S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa serait identifiĂ© et emmenĂ© au Sikkim d’ici six ou sept mois. Tobga Yulgyal remercia les reprĂ©sentants du gouvernement qui avaient offert leur concours pour mener Ă  bien le projet de faire revenir S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa au Sikkim. Les rĂ©gents informèrent Ă©galement les reprĂ©sentants du gouvernement que, d’après la Lettre de prĂ©diction, le nouveau Karmapa avait pris naissance au Tibet, et que S.E. Jamgon Kongtrul Rinpoche s’apprĂŞtait Ă  s’y rendre.

Malheureusement, le 26 avril 1992, un déplorable accident entraîna la perte soudaine de Son Éminence Jamgon Kongtrul Rinpoche.

Depuis des siècles, le monastère de Tsurphu au Tibet a Ă©tĂ© le siège des incarnations successives du Gyalwa Karmapa qui, sans exception, ont toutes Ă©tĂ© consacrĂ©es en ce lieu mĂŞme. De ce fait, Tsurphu est considĂ©rĂ© comme le centre de l’administration, le siège religieux, le lieu de formation monastique et d’autres disciplines de la lignĂ©e Karma Kagyu. Afin de rĂ©soudre le plus promptement cette affaire dĂ©cisive, le vĂ©nĂ©rable Akong Rinpoche et Sri Sherab Tharchin furent envoyĂ©s au Tibet Ă  la place de feu S.E. Jamgon Kongtrul Rinpoche. Du NĂ©pal, la dĂ©lĂ©gation informa le monastère de Tsurphu de la Lettre de prĂ©diction de la main de S.S. le XVIIe Karmapa. Comme elle l’indique, le village qui vit naĂ®tre S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa s’appelle Bakor, dans la province du Kham. Le 1er mai 1992, une Ă©quipe du monastère entreprit donc de s’y rendre aussi. Après huit jours de voyage, l’expĂ©dition atteignit sa destination et identifia le XVIIe Gyalwa Karmapa. S.E. Tai Situ Rinpoche et S.E. Gyaltsap Rinpoche eurent par la suite un entretien tĂ©lĂ©phonique avec S.S. le DalaĂŻ Lama Ă  ce sujet. Comme ce dernier sĂ©journait alors au BrĂ©sil, on lui transmit par fax une copie de la Lettre de prĂ©diction, des documents concernant la naissance de S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa, des photographies du lieu de sa naissance ainsi que d’autres attestations tels les prophĂ©ties de Gourou Padmasambhava sur les Karmapas.

 

Les trois rĂ©gents se trouvaient Ă  Rumtek du 12 au 22 juin 1992. Au cours de cette pĂ©riode, Shamar Rinpoche commença Ă  Ă©mettre des doutes sur l’authenticitĂ© de la Lettre de prĂ©diction. Le 17 juin 1992, cependant, il affirma avoir pleinement confiance en Tai Situ Rinpoche et fit mĂŞme une dĂ©claration Ă©crire Ă  l’effet qu’il approuvait sans rĂ©serve la reconnaissance de S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa. Dans cette dĂ©claration, Shamar Rinpoche assurait que dĂ©sormais il ne remettrait plus en question la lĂ©gitimitĂ© de la Lettre de prĂ©diction et annonça qu’elle Ă©tait Ă  ses yeux authentique.

Ă€ son retour du BrĂ©sil, le 29 juin 1992, Tai Situ Rinpoche et Gyaltsap Rinpoche rendirent visite Ă  S.S. le DalaĂŻ Lama. De son cĂ´tĂ©, Shamar Rinpoche en fit de mĂŞme. Après avoir entendu les versions des trois Rinpoches, Sa SaintetĂ© leur donna des conseils opportuns et leur fit part de ses instructions ; il les pria de se prĂ©senter de nouveau le lendemain, tous trois ensemble cette fois.

Le lendemain, Tai Situ Rinpoche et Gyaltsap Rinpoche se rendirent auprès de S.S. le DalaĂŻ Lama, mais pas Shamar Rinpoche. L’on peut supposer qu’il s’est dĂ©libĂ©rĂ©ment dĂ©robĂ© Ă  ce rendez-vous. Ce jour-lĂ , S.S. le DalaĂŻ Lama accorda le sceau de son approbation formelle, le Buktham Rinpoche, qui confirme la XVIIe incarnation de S.S. Gyalwa Karmapa. Entre temps, le 27 juin 1992, le gouvernement chinois fit l’annonce officielle de la dĂ©couverte de la XVIIe incarnation de S.S. Gyalwa Karmapa. C’est ainsi que fut clos l’Ă©pisode de la reconnaissance de Sa SaintetĂ©, le XVIIe Gyalwa Karmapa Orgyen Trinley Dorje, qui vit le jour le 26 juin 1985 au village de Bakor, dans le district de Lhatok de la province du Kham au Tibet, comme fils de Dhondup Tashi et de Loga.

Suivant la tradition et dans la ferveur populaire, Orgyen Dodul Trinley Dorje fut sacré, le 27 septembre 1992, XVIIe incarnation du Gyalwa Karmapa sur le trône de Dharma de la lignée Kagyu au monastère de Tsurphu.

Notre monde est peuplĂ© d’une grande diversitĂ© d’ĂŞtres humains qui, n’agissant que par pur Ă©goĂŻsme, s’Ă©vertuent Ă  dĂ©truire la lignĂ©e sĂ©culaire des Karma Kagyu. Ces individus qui soulèvent la controverse autour de l’incarnation du XVIIe Gyalwa Karmapa, ne sont bouddhistes qu’en apparence. Ces Ă©lĂ©ments divergents ont Ă  leur tĂŞte Shamar Rinpoche et Tobga Yulgyal du Bouthan.

Au dĂ©part, la question de l’incarnation de S.S. le XVIIe Karmapa n’avait pas fait l’objet de polĂ©miques. Les coutumes, rituels et traditions ont dictĂ© toutes les procĂ©dures. Après un examen minutieux des documents, les quatre rĂ©gents ensemble, se pliant aux principes religieux Ă  tous points de vue, s’Ă©taient entendus sur la Lettre de prĂ©diction et l’avaient acceptĂ©e. Le vĂ©nĂ©rable Akong Rinpoche et Sherab Tharchin se sont rendus au Tibet en quĂŞte de la XVIIe incarnation de Gyalwa Karmapa. Quand Shamar Rinpoche a Ă©mis des doutes sur l’authenticitĂ© de la Lettre de prĂ©diction, il a prĂ©tendu qu’il dĂ©tenait, lui, la vĂ©ritable lettre. Ici, il faut mentionner un fait pertinent qui permettra de jeter la lumière sur la situation. Shamar Rinpoche est le fils du frère aĂ®nĂ© de feu S.S. le XVIe Gyalwa Karmapa, alors que Tobga Yulgyal est pour sa part le fils de sa sĹ“ur. De ce fait, Shamar Rinpoche et Tobga Yulgyal sont tous deux ses neveux, et en tant que tels, la loi indienne sur l’hĂ©ritage dit qu’ils ont droit aux propriĂ©tĂ©s immobilières et au capital de leur oncle. Ce sont ses plus proches parents.

Ces biens de la lignĂ©e Kagyu, les avoirs immobiliers et le capital, se trouvent Ă  Rumtek ainsi qu’en divers endroits du monde. Ces avoirs permettent d’administrer l’Ă©cole Kagyu et d’implanter, de diffuser et prĂ©server les enseignements du Dharma. S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa du Tibet a Ă©tĂ© reconnu par tous les bouddhistes de par le monde et S.S. le DalaĂŻ Lama lui a accordĂ© son aval. En dĂ©pit du fait qu’ils sont proches parents du XVIe Gyalwa Karmapa, Shamar Rinpoche et Tobga Yulgyal refusent d’admettre que S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa du Tibet est l’authentique incarnation du XVIe. Leurs intentions mal dissimulĂ©es Ă©clairent donc parfaitement leurs allĂ©gations Ă  l’effet qu’ils dĂ©tiennent leurs propres candidats. Cette insistance malvenue de la part de Shamar Rinpoche et de Tobga Yulgyal indique clairement qu’ils tentent de s’emparer des avoirs, monĂ©taires et immobiliers, appartenant au Centre Dharma Chakra de Rumtek.

Le 11 juin 1992, pendant que Tai Situ Rinpoche et Gyaltsap Rinpoche donnaient publiquement des Ă©claircissements sur la rĂ©incarnation de S.S. le XVIe Karmapa aux disciples rĂ©unis au monastère de Rumtek, Shamar Rinpoche fit irruption au monastère, en compagnie de soldats indiens, lourdement armĂ©s ; il interrompit brutalement le discours religieux. Ce jour-lĂ , par vos agissements, Shamar Rinpoche, vous avez dĂ©shonorĂ© le Buddhadharma.

Le 18 juin 1992, en plein cĹ“ur de la controverse entourant l’incarnation du XVIIe Gyalwa Karmapa, le Premier ministre du Sikkim a convoquĂ© les trois rĂ©gents pour discuter de la question. Lors de cette rĂ©union, Shamar Rinpoche a acceptĂ©, une fois de plus, Orgyen Trinley Dorje comme Ă©tant la vĂ©ritable incarnation de S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa.

Le 2 aoĂ»t 1993, Tai Situ Rinpoche et Gyaltsap Rinpoche arrivèrent au monastère de Rumtek accompagnĂ©s de moines pour effectuer la cĂ©rĂ©monie annuelle du Yarney. Sur l’ordre de Shamar Rinpoche et Tobga Yulgyal, leurs moines fermèrent et verrouillèrent le portail du monastère. Les deux rĂ©gents et leurs sangha se trouvèrent donc dans l’impossibilitĂ© de pĂ©nĂ©trer dans le monastère, et de ce fait, la cĂ©rĂ©monie fut annulĂ©e. Et Ă  la grande consternation des disciples assemblĂ©s en grand nombre afin de participer au rituel, eux aussi furent interdits d’entrĂ©e au monastère.

Les portails ne se rouvrirent aux fidèles que tard dans la nuit, seulement après que des rĂ©sidents en ont informĂ© le gouvernement du Sikkim. Seule l’intervention du “ Sangha MLA ”, du SecrĂ©taire des affaires intĂ©rieures, du SecrĂ©taire du dĂ©partement religieux, de l’Inspecteur gĂ©nĂ©ral de la police, du responsable du district et d’autres officiels haut placĂ©s put venir Ă  bout des moines qui agissaient sur l’ordre de Shamar Rinpoche. Au moment oĂą des officiers de police tentaient de rĂ©cupĂ©rer les clefs, des moines de Shamar Rinpoche agressèrent les gens rĂ©unis au monastère, avec des pierres, des barres de fer et de la poudre de chili. Plusieurs fidèles furent blessĂ©s.

Suite Ă  ce vandalisme, absolument contraire aux principes du bouddhisme, l’ensemble des associations bouddhistes du Sikkim, sous l’Ă©gide de la Lhaday Tshogpa, tinrent une assemblĂ©e le 13 aoĂ»t 1993. Au cours de cette session, un comitĂ© d’action conjointe fut formĂ© de reprĂ©sentants des organisations Sherpa, Tamang, Gurung et bouddhistes.

Au cours des quelques dernières annĂ©es, Rumtek a connu maintes atrocitĂ©s avilissantes de ce genre. Mais dĂ» Ă  l’intervention opportune du gouvernement d’État, aucun incident malencontreux ne s’est depuis reproduit. En effet, aussi rĂ©cemment qu’en aoĂ»t 1995, Tobga Yulgyal a tentĂ©, avec des moines, de pĂ©nĂ©trer de force dans le monastère. Il prĂ©tendait que ces moines Ă©taient d’origine sikkimaise et que, par le fait mĂŞme, ils avaient le droit d’y entrer. Le ComitĂ© d’action conjointe et le Lhaday Tshogpa informèrent le gouvernement de cet incident ; Ă  son tour, le gouvernement contraignit les autoritĂ©s responsables d’interdire Ă  ces individus de pĂ©nĂ©trer dans l’enceinte du monastère de Rumtek. Nous savons aujourd’hui que ces moines, qui prĂ©tendent se livrer Ă  une grève de la faim, trompent sciemment les autoritĂ©s puisqu’ils absorbent trois repas par jour. VoilĂ  le type d’individus qui, en suscitant une polĂ©mique stĂ©rile, ont entachĂ© gravement le nom de notre religion.

Le ComitĂ© d’action conjointe a informĂ© l’honorable premier ministre du Sikkim que si, selon leurs allĂ©gations, les dits moines complices de Tobga Yulgyal sont effectivement Sikkimais, alors ils doivent provenir de divers monastère de l’État et que pour se joindre au monastère de Rumtek, ils auraient dĂ» obtenir l’admission ou la nomination depuis leurs monastères respectifs. C’est ainsi que le veut la procĂ©dure lorsqu’un moine d’un monastère sikkimais souhaite entrer au monastère de Rumtek. S’il advenait que soient transgressĂ©s ces règlements, auxquels se plient tous les monastères, alors leur organisation interne s’effondrerait, ce qui conduirait subsĂ©quemment Ă  la profanation et au dĂ©sordre. Une telle situation ne sera tolĂ©rĂ©e par aucun bouddhiste. Il est aujourd’hui notoire que ces moines, postĂ©s Ă  l’extĂ©rieur du monastère en une soi-disant grève de la faim, ont quittĂ© leurs monastères respectifs de leur propre chef, sans autorisation aucune. Ils ont ainsi violĂ© les conventions et règlements de leurs monastères, ainsi que ceux de Rumtek. Leurs actions vont ainsi complètement Ă  l’encontre du Dharma et outrepassent les limites de ce qui est admissible. S’ils souhaitent sincèrement se joindre au monastère de Rumtek, il leur faut obtenir au prĂ©alable la permission de leur monastère respectif et ensuite se faire admettre Ă  Rumtek. Ils n’ont pas le droit d’entrer de force dans un monastère en soulevant la controverse au nom de la religion.

Le ComitĂ© d’action conjointe estime qu’il est de son devoir de mettre un terme Ă  la mĂ©sentente et Ă  l’atmosphère dĂ©sagrĂ©able qu’ont créées Shamar Rinpoche et Tobga Yulgyal. Ă€ l’heure actuelle, le premier objectif du comitĂ© est de permettre la venue de S.S. le XVIIe Karmapa de Tsurphu et de l’introniser lĂ©gitimement au Centre Dharma Chakra de Rumtek.

Les bonnes causes et les gestes nobles se butent toujours Ă  des obstacles ; et notre lot n’a pas fait exception. Il est malheureux qu’une telle discorde ait minĂ© les fondements mĂŞme du monastère de Rumtek. Le ComitĂ© d’action conjointe, par cet appel, s’efforce de faire connaĂ®tre Ă  tous l’Ă©tat rĂ©el des choses. Nous croyons que notre prise de position publique permettra de dissiper les doutes qui persistent chez certains. Il y va de notre responsabilitĂ© Ă  tous de connaĂ®tre la vĂ©ritĂ© et de la protĂ©ger. Notre requĂŞte convie Ă©galement les adeptes d’autres confessions religieuses Ă  soutenir notre action. Que les bĂ©nĂ©dictions de S.S. le XVIIe Gyalwa Karmapa soient Ă  jamais avec nous. Allions nos efforts pour permettre la venue de S.S. le XVIIe Karmapa de Tsurphu Ă  Rumtek.

Avec nos sincères remerciements et nos meilleurs souhaits de bonheur,

Le PrĂ©sident du ComitĂ© d’action conjointe, Gangtok, Sikkim, Inde

 

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