Le Bouddha selon le Bouddhisme ancien Selon le 'Theravàda et une grande partie des écoles du bouddhisme ancien, un bouddha est un être qui, tout au long de ses nombreuses vies passées de bodhisattva, s'est peu à peu affranchi du désir et de tous les obscurcissements pour parvenir au plein Éveil au siège de diamant (SK. Vajràsana) au cours de sa dernière vie terrestre en tant qu'être humain, avant de quitter définitivement le samsàra à la fin de sa vie, pour entrer en nirvàna. Bien qu'affranchi de tous les liens qui entravent les êtres de ce monde, il montre au cours de sa vie que des circonstances peuvent lui être contraires et qu'il est sujet à la maladie, à l'empoisonnement et finalement à la mort.
Son corps physique, constitué des quatre grands éléments est paré des trente-deux marques majeures et des quatre-vingts signes mineurs d'un grand être , qui n'apparaissent qu'à ceux dont le karma est suffisamment purifié. Il n'en est pas moins périssable. Une fois accompli son parinirvàna, le Bouddha n'est plus perceptible dans le monde, mais il laisse des reliques corporelles (SK. garira, TIB. ring-bsrel), support de vénération et d'offrandes permettant aux pratiquants et aux laïcs d'accumuler des mérites, et surtout un enseignement, le Dharma, par lequel son action reste effective pendant de nombreuses années. Cet enseignement, appelé corps de la doctrine (PAL. dhammakàya), peut comprendre les quatre nobles vérités, les origines interdépendantes et quantité de discours consignés dans les sùtra (tous les bouddhas n'exposent pas nécessairement les mêmes enseignements).
Le Bouddha est encore qualifié de "Bienheureux" (SK. bhagavan, TIB. bcom-Idan-'das, "Celui qui a vaincu [les passions], est paré [des qualités éveillées] et est passé au-delà [du samsàra]"), de "Vainqueur" (SK. et PAL. jina, TIB. rgyal-ba), d'arhat (PAL. arahant, TIB. dgra-bcom-pa), de parfaitement et complètement Éveillé (SK. samyaksambuddha), d'omniscient (SK. sarvajiià, TIB. thams-cad mkhyen-pa) à la conduite pure, de "Celui qui connaît le monde", de guide spirituel inégalé, de maître qui instruit les dieux et les hommes, et surtout de Tathàgata (TIB. de-bzhin gshegs-pa), qui signifie "Ainsi allé". Tel est ce que l'on peut dire non seulement du Bouddha historique Sàkyamuni (Siddhàrtha Gautama), mais aussi de tous les éveillés du passé et à venir qui, comme gàkyamuni, se sont déjà pleinement éveillés ou s'éveilleront dans le futur.
Dans le Hinayàna, on reconnaît six bouddhas du passé qui ont précédé le bouddha Sàkyamuni, chacun ayant présidé à une ère fortunée :
- Vipàsyin (PAL. Vipassi, TIB. rNam-gzigs), "Qui embrasse tout du regard".
- Sikhin (PAL. Sikhi, TIB. gTsug-gtor-can), "À l´ornement apical".
- Visvabhù (PAL. Vessabhù, TIB. Thams-cad skyob), "Protecteur de tous".
- Krakuccandra (PAL. Kakusandha, TIB. 'Khorba Jig, log-pa dang-sel).
- Kanakumûni (PAL. Konagàmana, TIB. gSerthub).
- Kàsyapa (PAL. Kassapa, TIB. 'Od-srung).
Le bouddha qui suivra Sàkyamuni est Maitreya (PAL. Metteya, TIB. Byains-pa), "Amour", qui réside actuellement dans le ciel Tusita en attendant de renaître sur terre pour y mamifester l'Éveil.
Certains textes pâli rajoutent une liste de dix huit bouddhas qui les précèdent, où figure en premier Dipamkara (PAL. Dipankara, TIB. Mar-me mdzad), dont le nom est repris dans les listes du Mahàyàna.
Dictionnaire Encyclopédique du Bouddhisme - Philippe Cornu - Édition Seuil |